Juillé est devenu un lieu identitaire pour le pays Montmorillonnais en tant que centre d’interprétation de l’histoire rurale du territoire. Il n’en est pas moins le témoin d’une longue histoire.

Le site de Juillé

Aujourd’hui…

Ses bâtiments abritent une exposition permanente qui présente des films sur l’histoire du lieu et la vie des gens du territoire à travers différentes salles et scénographies. Un parcours retraçant  l’évolution de l’environnement, des productions agricoles, de l’alimentation et des enjeux du développement durable, mais aussi les modes de vie et de consommation des habitants.

Les dépendances sont aménagées. L’ancien poulailler est désormais une matériauthèque : un éclairage sur les matériaux utilisés dans l’habitat traditionnel, une reconstitution de la « Bugée » (nom local pour la lessive) forte d’une collection liée à la lessive et au linge en général.

Les extérieurs : le site de Juillé abrite aussi :
– un verger conservatoire de 25 espèces fruitières anciennes, planté en partenariat avec l’association des « Croqueurs de Pommes ».
– un parcours pieds-nus pour réveiller vos sens. Quittez vos chaussures et laissez vos pieds aller à la rencontre de textures et de matières. Surprenant et inattendu !
– un sentier d’interprétation de 3 km pour une autre découverte de l’environnement.

La  boutique est ouverte en saison et met en avant les produits du terroir.

Le site de Juillé est également le point de départ de nombreux sentiers pédestres. Vous y trouverez aussi le circuit de Grande Randonnée de Pays GRP « Tour de la Vienne Limousine » ainsi que le circuit de Grande Randonnée GR 48.
Deux sentiers intercommunaux de randonnées sont également accessibles : « Les brandes de Fontenelles » (boucle 15) et « L’aiguail de la Gartempe » (boucle 1).

Mais auparavant ?

Les archives laissées par les différents propriétaires ainsi que la collecte de mémoire menée par l’Écomusée ont permis de retracer l’histoire de ce lieu.

Lieu témoin d’hier

L’origine de Juillé est inconnue. S’agit-il d’une ancienne villa gallo-romaine, du domaine de Julius, comme son nom pourrait le laisser supposer ?
Au Moyen-âge, c’est un hameau constitué près d’une maison seigneuriale, au sommet du plateau, dans un espace gagné sur la lande. Il est habité par quelques familles de petits agriculteurs qui tiennent leur parcelle ou tenure de la Maison Dieu de Montmorillon, moyennant le versement de redevances. Ce sont les tenanciers.

Aux XVIe et XVIIe siècles, la famille Babert achète de multiples terres sur les paroisses de Saulgé, Moulismes et Persac. En 1699, Joseph Babert de la Pilatière achète la grande métairie de Juillé et le lieu noble de la Motte Charon « où autrefois il y avait un châsteau construit… ». Il fonde ainsi la branche des « Babert de Juillé ».
Comme partout en France, le système du métayage se met en place.

Après une période de déclin au milieu du XIXe siècle, le site de Juillé est acheté en 1880 par Jean François Nouveau-Dupin, avocat, qui deviendra maire de Montmorillon. A la fin du XIXe siècle, son action en faveur de l’agriculture est représentative de celle d’autres grands propriétaires qui investissent pour défricher, amender les sols, introduire de nouveaux assolements et améliorer les cheptels. Il constitue un domaine formé de huit métairies et installe un régisseur à Juillé. Il transforme et agrandit les bâtiments d’exploitation pour les rendre plus fonctionnels. Ces aménagements, qui n’ont jamais été modifiés extérieurement, donnent à l’ensemble architectural son aspect actuel.

Lieu témoin d’aujourd’hui

Le site de Juillé dans les années 80

Depuis quelques dizaines d’années, l’agriculture connaît des mutations rapides et profondes imposées par l’évolution de la société contemporaine. Pour des motifs variables, économiques et humains toutes les exploitations ne peuvent s’adapter et investir pour demeurer compétitives. C’est ainsi que de nombreuses unités de production agricole disparaissent dans un contexte de concentration des terres… L’histoire de Juillé est représentative sur ce point de celle de l’agriculture du Montmorillonnais et de bien d’autres régions rurales.  Abandonné en qualité d’unité de production agricole, Juillé conserve son potentiel paysagerhistorique et patrimonial pour des fonctions nouvelles au bénéfice de la collectivité.

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