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Article publié le 04/10/2020 dans la Nouvelle République

Entre Montmorillon et Saulgé, une source délivre une eau claire, appréciée de nombreux habitués. Mais rien n’assure qu’elle est vraiment potable.

Jeudi midi. Colette fait partie des habitués de la source de l’ancienne brasserie. Elle y remplit une dizaine de bidons, pour sa consommation des deux prochaines semaines.
© Photo NR

J’ai 74 ans et j’en bois depuis mon enfance, elle ne doit pas être dangereuse ! Colette fait partie des habitués de la source de l’ancienne brasserie. Jeudi, elle remplissait ainsi une dizaine de bidons et autant de bouteilles, une bonne soixantaine de litres au total, qu’elle ramènera chez elle près de Limoges. « J’en ai pour environ deux semaines », explique la retraitée, originaire de Montmorillon, qui profite de ses visites chez sa mère, à Saulgé, pour faire régulièrement le plein.
Cette source abondante, qui coule même lors des sécheresses, est connue et exploitée de longue date. « Elle alimentait autrefois la brasserie des Bières de Montmorillon (1), indique Monique Gésan, présidente de l’Ecomusée. Les installations industrielles, dont les bâtiments subsistent, se trouvaient juste en face le long de la rivière. La source était d’ailleurs protégée par les propriétaires de la brasserie qui avaient empêché les constructions sur le coteau. Cette eau très pure, à l’époque, donnait une bière de très bonne qualité. »
Pas d’analyse de la qualité de l’eau La brasserie a disparu et la source se trouve de nos jours en accès libre, au bord de la route entre Montmorillon et Saulgé, située cependant sur un terrain privé. Chaque jour, ils sont nombreux à venir s’y ravitailler. Pour Colette, ce n’est pas la gratuité qui importe : « C’est pour le goût : cette eau est très bonne, je la préfère aux eaux en bouteille. Je ne bois que celle-là. » Rien ne garantit pourtant que l’eau est vraiment potable, tout le temps.
« À ma connaissance il n’y a aucune analyse de cette eau, indique le maire de Saulgé, Bruno Puydupin. En tout cas la mairie n’en réalise pas, ni Eaux de Vienne. Cette source est alimentée par une nappe vulnérable aux pollutions éventuelles sur les plateaux aux alentours, comme un animal mort ou une pollution d’origine humaine. Beaucoup de gens sont attachés à cette source, c’est une habitude, une tolérance, mais on ne peut pas conseiller de boire cette eau. »
L’autre danger auquel s’exposent les consommateurs relève de… la sécurité routière : en face de la source, un petit terre-plein sert de stationnement, avec une visibilité réduite de chaque côté par les virages de la RD5. « Cet aspect nous préoccupe aussi, poursuit le maire, on voit souvent des gens traverser péniblement en portant leurs bidons. Mais la source et le terrain où ils s’arrêtent se trouvent sur des parcelles privées, la collectivité ne peut pas y intervenir. »
(1) Il s’agit de la brasserie installée sur les rives de la Gartempe de 1848 à 1963, distincte de la société actuelle Bières de Montmorillon, créée en 2017.

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